Enregistrements réalisés par Suzanne RAMON -Sonia WIEDER-ATHERTON (violoncelle) et Catherine COLLARD (piano)

Pochette de la réédition de l’enregistrement parue chez Arkes

Pochette de l’enregistrement parue chez Lyrnx

Pochette originale de l’enregistrement paru chez Arkes

Catherine COLLARD

BRAHMS: Sonate pour violoncelle et piano N°1 en mi mineur opus 38

 

Suzanne RAMON (violoncelle) et Catherine COLLARD (piano) Violoncelle GUARNERIUS 1690 – Piano STEINWAY  Allegro non troppo (13’58) Disque ARKES – Ref : AMDG 030 – Ref : – Réalisé en 1990 – Distribué par Harmonia Mundi.

 

Sonia WIEDER-ATHERTON (violoncelle) et Catherine COLLARD (piano) Violoncelle Matteo GOFFRILLER 1700 – Piano STEINWAY Allegro non troppo (15’09) Disque LYRNX – Ref : 109 – Réalisé en 1991 – Distribué par Harmonia Mundi.

 

Le choix de ces deux interprétations est lié à plusieurs éléments :

 

Le nom de Catherine COLLARD tout d’abord, pianiste à l’heure de gloire tardive, mais dont la magie des notes qu’elle faisait naitre de son clavier la plaçait parmi « les grandes ». (Il faut écouter ses interprétations de Schubert pour saisir pleinement la magie des notes qui sortent du Steinway, religieusement entretenu par la famille Gambarini qui porte la maison Lyrnx).

 

C’est elle que l’on retrouve au piano de ces deux enregistrements réalisés à une année d’écart et la comparaison d’écoute était trop tentante pour ne pas céder au démon de la curiosité musicale…

 

D’autant que les deux violonistes de haute qualité, elles aussi, jouaient toutes deux sur des violoncelles mythiques.

 

Suzanne RAMON que j’ai découvert dans l’interprétation remarquable des sonates pour violoncelle de Bach. (Je ne me lasse toujours pas de cette écoute, malgré les quelques cinquante versions qui trônent  sur les étagères de ma cd thèque et que je visite assez régulièrement). Violoncelliste de tout premier ordre elle s’est consacré essentiellement à une carrière d’enseignante de conservatoire délaissant l’aura de la célébrité médiatique. Ces disques trop rares sont néanmoins de pures perles musicales

 

Sonia WIEDER-ATHERTON est plus connue du grand public et est une interprète de renommée internationale.

 

Enfin, parce que ces deux enregistrements émanent de deux « petits labels » trop peu connus et qui font un travail de premier ordre dans leurs publications et dans la qualité des enregistrements qu’ils proposent.

Des points dont certains labels connus feraient bien de s’inspirer à notre époque ou la technique de prise de son a évolué depuis le Moyen Age… (je plaisante… mais à peine !)

 

Mais revenons à nos violoncellistes et notre pianiste.

 

La première constatation qui s’impose et qui va donner sa marque à l’interprétation de chacune des protagonistes, est liée à la différence de timbres entre les deux violoncelles confrontés dans cette analyse.

 

Le GUARNERIUS de Suzanne RAMON propose un son ample et parfaitement équilibré ou les timbres charpentés restent toujours aériens et parfaitement modulés donnant selon la nécessité du jeu une impression de puissance ou une sensation de légèreté ; mais le jeu est toujours accompagné d’une sensation d’aération qui donne une respiration particulière.

Cela se traduit par  un équilibre souverain.

 

Le Matteo GOFFRILLER de Sonia WIEDER-ATHERTON propose un son plus grave, lié sans doute à la forte puissance que dégage l’instrument. Cela lui permet une puissance continue et une ampleur chaleureuse que le jeu de l’archet permet de moduler.

 

Par rapport au GUARNERIUS les notes produites s’étirent davantage dans la longueur avec un aigu plus sourd, ce qui en accentue l’ampleur.

 

Les deux instruments proposeront donc des sensations musicales différentes à partir du jeu de leur interprète.

La deuxième constatation est que quel que soit l’interprétation choisie, le jeu du piano est dans les deux cas « rare ».

Il délivre un son précis, aérien et selon les exigences de la partition, rigoureux dans sa puissance mais toujours vibrant et chantant.

 

Le jeu de Catherine COLLARD est en parfaite osmose quel que soit la violoncelliste. Que ce soit par rapport à l’instrument ou par rapport à l’interprète elle fait naître une entente originale et particulière propice pour créer un duo parfait et naturel.

 

 

Néanmoins les timbres moins ronds du GUARNERIUS permettent dans certains cas de figure de mieux mettre en valeur le discours musical, alors que le Matteo GOFFRILLER sur des notes plus graves fait merveille.

C’est alors au piano d’équilibrer le chant des deux instruments.

Par son jeu, mordant ou aérien, toujours ciselé, marquant le détail et la respiration des notes qui s’égrènent et sa délicatesse ; Il crée un équilibre souverain.

 

On retrouve ces aspects notamment dans le martellement des notes du piano qui répond au violoncelle et qui fait pleinement ressortir le pathétique de la plainte en intégrant et renforçant le discours engagé entre les deux instrumentistes.

 

Evoquons enfin le plan de la fusion des interprètes au niveau de l’interprétation. Point que nous avons retenu comme un critère prépondérant.

Aucune remarque ne s’impose ici. Dans un cas comme dans l’autre ils ne méritent que des élogestant on atteint des sommets…

 

Prenons la fin de l’allegro non troppo ; On a l’impression tant la fusion est réelle et parfaite qu’un seul instrument joue l’interprétation, violoncelle et piano jouent d’une seule voix et d’un seul souffle.

 

C’est une fin de mouvement majestueuse avec un équilibre parfait qui nous est offerte même si selon le violoncelle et la violoncelliste, on a un mouvement plus ample ou plus majestueux. Le plaisir reste constant et rare dans les deux cas.

 

Ces deux versions nous offrent une transcription lyrique parfaite mais avec une dimension humaine qui s’adresse à la sensibilité de tous.

 

La version Suzanne RAMON et Catherine COLLARD, a remporté à l’époque de sa parution les distinctions du Monde de la Musique et de Télérama.